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28 nov. 2011

Pas de pétrole sur ma peau II.


Choisir ses produits de soins

Vous l'aurez remarqué, la mode est au bio sous toutes ces formes. L'industrie du cosmétique n'a pas résisté à la tendance verte !! Quitte à abuser le consommateur, avec des belles affiches, un packaging aux allures de nature, et parfois une petite certification AB.
Or le logo AB certifie que l'ingrédient est bio, pas la totalité du produit. Si le produit contient un faible pourcentage d'un ingrédient labellisé bio, la marque utilisera à fins commerciales cette certification sachant que les contrôles sont rares voir inexistants.

Les marques a fuir
Elles se revendiquent naturelles, mais la composition de leur produits n'a rien de naturel : utilisation des conservateurs chimiques et d'ingrédients chimiques.
Certaines marques vont même utiliser l'argument « sans parabens et sans PEG » mais oublient de dirent qu'elles ont remplacé ces conservateurs nocifs par des molécules différentes, dont les effets sur la santé ne sont pas étudiés. C'est le cas de Caudalie par exemple.
Body Shop (Groupe L'Oréal), Yves Rocher, L’Occitane, Phyto, Garnier, le Petit Marseillais, Phocéenne de Cosmétique, Dove, Klorane, Palmolive, Cottage, Ushuaïa, Tahiti, P’tit Dop, L’Oréal Kids, Monsavon, Laura Ashley, Caudalie, Sisley, Clarins, Clinique et divers produits sans marque particulière.
Bien évidemment les marques de la grande distribution, les Loréal, Gemey, Nivea, Garnier etc sont des concentrés de chimie nocifs pour la peau. Les marques de luxe (Chanel, Dior, Guerlain etc) sont également des cochonneries pour la peau, ils sont fabriqués par les mêmes laboratoires pharmaceutiques. Au mieux, les silicones employées seront de meilleures qualités, mais c'est la marque et le packaging qui feront la différence de prix.



Les certifications bio
Alors me direz-vous que faire ?
Acheter des produits bio ? Mais c'est cher et on n'y comprend rien dans la certification. Nous avons vu plus haut que le label AB certifie l'ingrédient de base. Il existe plusieurs labels de certifications pour les cosmétiques, dont les chartes sont variables, mais qui globalement garantissent un produit un peu plus sains :
l'organisme allemand BIDH interdit
- Les produits de la pétrochimie
- Les colorants ou parfums de synthèse
- Les bases lavantes ou émulsifiants éthoxiliés
- L'irradiation
- Les matières premières génétiquement modifiées (OGM)
- Les matières premières d'origine animale, sauf issus de l'animal vivant (ex: lanoline)
- Le blanc de baleine ou collagène animale
- Les tests sur les animaux
(Weleda, Logona, Lavera, Ha ushka)



l'organisme français Ecocert
  • 95% des ingrédients doivent être bio, et les 5% restant (conservateurs par ex) doivent faire partie d'une liste très restreinte.
  • Les parfums de synthèse, les colorants de synthèse, les silicones, les glycols...sont interdits . Seuls quelques ingrédients de synthèse indispensables et non encore disponibles en origine naturelle sont autorisés. Pas de test des produits finis sur les animaux



La charte européenne Cosmébio
  • se décompose en label Eco (plus tolérant – 50% des ingredients végétaux bio)
  • Cosmébio qui veut devenir la référence européenne demande des ingrédients garantis sans OGM, sans matières issues de la pétrochimie, sans parfum ni colorant de synthèse, sélectionne des procédés de transformation et de fabrication. Elle demande aussi un étiquetage et une traçabilité des produits, des emballages recyclables, et pas de test sur les animaux.
Le label Nature et Progrès, issu de la confédération paysanne est le plus restrictif : 100% des ingrédients bio, y compris sur produits finis. Très peu de produits sont labellisés Nature et Progrès.
Lien ici http://www.natureetprogres.org/liens_bio/liens_agriculture_bio.html

Les marques de confiance
Altéarah (parfums), Laboratoire LPAE (dentifrices), Anika, Lakshmi, Ballot-Flurin (miel, propolis), Lavera, LBK, Biotope, Centifolia, Les Douces Angevines, Ciel d'Azur (à l'argile), Les Irréductibles (eaux florales), Coslys, Lise du Castelet, Daylily / Doux Me, Logona Dermaluxe, Madame Bio (aux plantes fraîches), Florame, Melvita (attention gamme bio et gamme naturelle), Flore de Saintonge, Pure et Simple, Flore et Alpes, Pureté (karité), Fra (eaux florales), Sanoflore, Hauschka, Weleda, Herbes et Traditions, Labo des Sources (savons), Labo Hévéa.

Vous trouverez ces marques soit sur internet soit dans votre boutique bio. Attention aux prix, ils peuvent varier. Mais avons-nous besoin de 3 tonnes de produits pour être propres, beaux, mignons ?
Réponse à suivre.


Les substances toxiques dans les cosmétiques !


Plus de 515 substances toxiques sont présentes dans vos produits de soin, du savon en passant au shampoing... Tout les jours, pour des gestes basiques de soins, nous intoxiquons notre peau, depuis des années.
Ce n'est pas nouveau, mais depuis 5 ans, on constate une augmentation des cancers de la peau et moins dangereux, des allergies cutanées.

Décrypter une étiquette de composition (obligatoire) nécessite d'avoir une loupe et surtout une formation en pharmacologie pour la plupart d'entre-nous.....
Mais ces quelques informations devraient vous aider à comprendre.

Les produits toxiques les plus courants
  • l'edta : conservateur, utilisés dans les savons, gels douches, shampoings, crèmes, démaquillants – irritant, non dégradable
  • les épaississants :DEA, MEA, TEA, MIPA : donne de la texture et de homogénéité. Présent partout sont des nutroxamines cancérigènes
  • triclosan : conservateur utilisé pour ses « vertus » cicatrisantes, et antibactériennes, dans tous les produits tels que savons, dentifrice, lotions dentaires – cancérigène, perturbe le fonctionnement du foie, non dégradable,
  • sel d'aluminiums : déodorant – allergène, irritant
  • muscs synthétiques : parfum de synthèse, il est allergène, et irritant et très toxique. Plusieurs noms de code : tonalide, galaxolide, beurk
  • les phtalates : solvant et conservateur, on les utilise partout pour action conservatrice, surtout dans les vernis à ongles, les laits corporels ou laits de douche. Hautement toxiques, ayant des effets sur les cycles hormonaux, impliqué dans les lésions du foie ou du rein
  • Sodium Lauryl Sulfate : vous le trouverez surtout dans les savons, gels douches, dentifrice, pour son action détergente. Allergène, irritant, impliqué dans certains cancer du foie, des yeux
  • PEG, PPG, Sodium laureth sulfate : émulsifiants qui permettent de lier les composants de la crème, des laits, des mousses à rase, des rouges à lèvres. Irritants
  • Benzophénone et composés camphor : protection uv pour les produits solaires.... Aide au développement des cellules cancéreuses
  • quarz et polyquartz : irritants et utilisé pour donner de la brillance (shampoings, crèmes)
  • BHA – BHT : antioxydants utilisés comme actifs dans certains shampoings, crèmes, laits.. mais classé comme cancérigène notoire
  • Parabens : conservateurs chimiques, des études sont en cours pour évaluer sa toxicité, après de nombreuses mises en cause dans des maladies graves. Mais toujours pas interdits par l'UE. On les trouve partout
  • formaldéhyde : conservateur de nouvelle génération, autorisé en très faible quantité dans les produits cosmétiques
  • bromo, chloro, iodo halogénés : conservateurs utilisés pour les crèmes et le maquillage
  • huile minérale : paraffine, pétrolatum, isododécane : remplace la phase lipidique dans la composition des crèmes, laits, savons, huiles solaires. Bouchent les pores de la peau, toxiques, allergènes
  • huile et cire de silicone (les mots se terminant en -cone ou -xante) : remplace la phase lipidique dans la composition des crèmes, laits, savons, huiles solaires. Bouchent les pores de la peau, toxiques, allergènes et ne sont pas biodégradables.

Évidemment toutes ses substances se combinent entre elles..... pour arriver à des doses massives dans l'organisme. Certains métaux utilisés dans la chimie cosmétique restent dans notre corps. On a ainsi retrouvé des traces de parabens, dans les cancers du sein chez la femme, mais certains cancers masculins (prostate) sont aussi concernés.


Composition d'une crème de l'industrie du cosmétique
Ah la crème miracle qui vous rendra votre jeunesse, votre éclat naturel, votre éternelle beauté ! L'imagination des publicitaires n'a aucune limite pour vous vanter le produit miracle, avec un brin d'exotisme (la crème aux pépins de margoulavier de l'Ouzbékistan), de savoir faire médical (aux molécules brevetées d'enzyme de cochon d'inde), de pas mal de photoshop et de stars débauchées à coup de contrats publicitaires mirobolants.
Si cette crème magique existait, on le saurait depuis longtemps !! Mais derrière ce rêve sur papier glacé se chiffre une industrie et un lobby pharmaceutique puissants, dont le but avoué n'est pas du tout de nous rendre belles, mais de satisfaire des actionnaires exigeants. Des milliards de chiffres d'affaire, des demandes croissantes, et une production à coûts maitrisés pour ne pas dire le moins cher possible, le marché est rentable... et s'active dans les couloirs de Bruxelles pour limiter les dégâts le concernant.

Une crème c'est un mélange de 2 produits : un produit gras et un produit aqueux, le tout lié par une cire. C'est le principe de la cold cream de nos grands-mères qui fabriquaient avec de l'huile d'amandes douces, de l'eau de rose et de la cire d'abeille une crème certes pas très glamour mais nutritive pour protéger la peau des agressions.
Mais une belle huile d'amandes saine et de l'eau de rose sont bien plus chères que des huiles de paraffines, de la cire d'abeille (pas très glamour) et chère aussi sera remplacée par des émulsifiants de synthèse. Et l'eau de rose, par de l'eau.
Mais qui dit eau, dit germes, donc conservateur : nos grands-mères n'en mettait pas, elles conservaient leur potion à l'abri de la chaleur et du chaud. Mais la chimie moderne en use et abuse.
Donc la crème de base chimique va comprendre :
  • huile minérale ou huile issue de la pétrochimie
  • eau
  • parfum de synthèse (l'huile minérale empeste)
  • conservateurs
  • épaississants
  • colorants chimiques
  • silicones
  • et dans tout cela : l'ingrédient actif (anti-âge par ex), tout aussi chimique ne représente qu'1%du produit fini.
Bref vous payez assez cher une crème pour acheter ce qui équivaut en produit au prix d'un litre de carburant.

Je rassure ces messieurs qui vont trouver le sujet féminin, mais les savons, dentifrices, gels douches et shampoings sont tout aussi nocifs. Avec en plus l'ajout des tensio-actifs destinés à faire mousser, autant utiliser de la lessive, les compositions sont proches (on met juste un peu plus de silicones adoucissantes dans le gel douche)
Quant à l'actif supposé, on utilise plus la méthode psychologique du placebo, ou alors la très mauvaise compositions des 'actifs' donnera un résultat extérieur visible, mais sur le très long terme ???




Edvard MUNCH

L'œil Moderne – jusqu'au 9 janvier 2012 – Centre Beaubourg

Considéré comme un peintre intimiste, tourné vers la vie intérieure, Munch est souvent considéré comme un grand artiste du 19ième siècle, symboliste ou expressionniste.
C'est oublier toute la richesse de l'œuvre de ce peintre né en un 12 décembre 1883 à Loten (Norvège), son intérêt pour le cinéma et la photographie.
La très belle exposition du Centre Pompidou nous permet de découvrir les faces cachées de ce peintre moderne.

Munch grandit à Oslo (Christiana). Une enfance marquée par la mort de sa mère et de son frère aînée, et par la maladie – dépression ou mélancolie comme l'on disait à l'époque – de deux de ses sœurs. Admis à l'école royale d'Art de Norvège, il suit un enseignement artistique complet, et reçoit une bourse qui lui permet d'aller travailler à Paris en 1889 où il découvre la peinture des impressionnistes et la photographie. Mais Munch cherche à affirmer son style, et peindre « les impressions de son âme).
En 1892, il est invité à Berlin, où ses peintures font scandales. Il se lie à un cercle intellectuel composé d'auteurs et de peintres d'origines scandinaves, dont l'écrivain Stringberg. Il s'initie aussi à la gravure et à l'eau forte.
Si il choisit de rester vivre à Berlin, Munch voyage souvent : Paris, Venise, Florence, Rome avec sa compagne Tulla Larsen. Mais les relations avec Tulla sont difficiles, et Munch, pourtant reconnu comme peintre souffre de dépressions. Il est hospitalisé en 1908.
En 1916 Munch achète une maison près d'Oslo, où il vivra, assez solitaire jusqu'à sa mort en 1944.
Considéré par le régime nazi comme artiste dégénéré, Munch laissera un millier de tableaux, près de 4500 œuvres sur papiers. En son honneur, la ville d'Oslo construit le musée Munch qui fut inauguré en 1963.

Si il y a chez Munch un coté sombre, dépressif, il ne faut pas oublier que Munch est aussi un homme qui voyage énormément, lit, et a toujours entretenu des relations permanentes avec toute l'intelligentsia du 20ème siècle. Très vite, il prend conscience de l'importance des « nouveaux médias », la photographie et le cinéma. On retrouve d'ailleurs dans certaines de ces œuvres une approche cinématographique : composition dynamique, où le « plan rapproché » met en valeur le sujet, par des effets de perspectives. Munch n'hésite pas à utiliser la perspective inversée, le gros plan, ou le dépassement des marges du tableau. Des techniques qui nous semblent acquises aujourd'hui, mais qui étaient novatrices au début du 20ième siècle.
Proche du théâtre, Munch met en scène, dans des toiles rarement présentées au public, des hommes (des soldats, des paysans ?) marchant dans la neige, et qui me semblent encore très actuelles, par le message politique qu'elles envoient : paupérité, lutte des classes, ou simple condition de l'homme. Certains visages, effrayant, portent l'expression de la mort.
Des œuvres qui tranchent avec l'univers intimiste ou psychologiques du peintre du Cri. Ainsi, les thèmes des vampires, de l'enfant malade, de l'hôpital ou des jeunes filles sur le pont sont déclinés tout au long de sa vie. Les visages sont renvoyés à des formes géométriques audacieuses, et les couleurs sont riches de mauves, de noirs, l'éclairage est soigné.

Munch a peint quelques autoportraits mais c'est surtout au travers de la photographie qu'il se représente, à tous les âges de sa vie. Développant lui-même ses photos, il utilise quelques « trucages » (variations du temps de pose) pour renforcer l'état d'âme du moment. Bien souvent, l'artiste se représente à coté d'une toile qu'il vient de peindre, malice ou fierté du peintre ?
Il tournera aussi quelques petits films à Paris, jouant sur l'architecture et la vie urbaine.

Le travail du peintre tourne autour du regard et de la lumière. En 1930, à 67 ans, Munch, une hémorragie dans le corps vitré de l'œil droit altère sa vue. Avec une précision méthodique, Munch va dessiner pendant 3 mois ce que voit son œil malade. Introspection de la vision, au delà de l'autoportrait et analyse des formes que son œil perçoit, où revient l'étrange figure d'un corbeau.

Avant tout Munch reste un peintre. Du fauvisme, il gardera dans ses toiles d'après 1900, une auréole floue, de Cézanne, il reprendra, bien avant les demoiselles de Picasso en 1908, le visage cubiste d'une femme (en 1903). Mais c'est son travail de matière qui est le plus impressionnant. Extrême matité de certaines toiles, touches fluides aquarellisées ou au contraire épaisses mais toujours maitrisées, finesse des couches ou empâtements (surtout dans les tons clairs pour mieux en faire ressurgir la lumière), c'est une grande leçon de peinture qui est exposée là, sous nos yeux, sans jamais perdre de son originalité et de sa modernité. Mais Munch ne se souciait pas de recherches théoriques, mais seulement de perceptions, et c'est peut-être là, le secret de ce peintre si complexe, si actuel, dans la richesse et la diversité de son œuvre.

Si vous passez par Paris, c'est surement l'exposition à voir actuellement.